Gilles Perret au plus près des paysans

PHOTO «J’aime bien partir du témoignage singulier pour arriver au global, et pourquoi pas à l’universel », explique le Haut-Savoyard Gilles Perret, dont le film « La ferme de Bertrand » sort en pleine crise du monde agricole. Photo Laurent Cousin.

« La ferme de Bertrand » sort dans toutes les salles de France alors que le monde agricole est en pleine ébullition. Le réalisateur Gilles Perret n’aurait jamais pensé être rattrapé par l’actualité en tournant sans urgence ce documentaire. Pas un jour sans que le réalisateur haut-savoyard ne soit interviewé. Belle reconnaissance pour un cinéaste qui se bat depuis des années pour faire vivre un cinéma indépendant, au plus près de la vie de ses concitoyens.

Avec son dernier film, il n’a jamais été aussi proche de ceux à qui il donne la parole. Ce sont ses voisins, dans le hameau de la vallée du Giffre où il a grandi et appris à observer le monde depuis sa fenêtre.

«J’aime bien partir du témoignage singulier pour arriver au global, et pourquoi pas à l’universel. En 1997, certains se moquaient de moi parce que je faisais

un film sur mes voisins. Je répondais qu’en racontant l’histoire de mes voisins, je pouvais raconter l’histoire du monde. J’en reste persuadé, » explique Gilles Perret, dont le premier documentaire était passé inaperçu. Il s’intéressait déjà à ce secteur en pleine mutation, à ces femmes et ces hommes qui se battent pour continuer à vivre de la terre.

« Ici, nous ne sommes ni dans le passéisme ni dans l’utopie, mais dans ce qui représente en nombre peut-être 80% des fermes, que l’on voit assez peu au cinéma ou à la télévision en général », insiste le témoin direct d’une profession qui a su s’adapter comme en témoigne la scène prise devant un robot de traite des vaches dont le lait sert à fabriquer le reblochon.

Il a voulu raconter une histoire à la fois intime et universelle, qui résonne d’autant plus aujourd’hui que chacun y va de sa solution pour sauvegarder l’agriculture française.

En 2006, Gilles Perret montrait déjà comment le cinéma peut nous aider à comprendre les grandes mutations de notre société avec « Ma mondialisation ». Un film tourné dans la vallée de l’Arve pour aider à comprendre comment les décolleteurs de Haute-Savoie étaient directement concernés par les bouleversements créés par les fonds de pension. Il n’a cessé depuis de nous ouvrir les yeux sur une réalité si proche qu’on est tenté de l’oublier.

FILMOGRAPHIE

2023 LA FERME DES BERTRAND

2022 REPRISE EN MAIN

2021 DEBOUT LES FEMMES !

2019 J’VEUX DU SOLEIL !

2018 L’INSOUMIS

2016 LA SOCIALE

2013 LES JOURS HEUREUX

2012 DE MÉMOIRES D’OUVRIERS

2009 WALTER, RETOUR EN RÉSISTANCE

2006 MA MONDIALISATION

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